
Le permis, je pensais "jamais je l'aurais". Parce qu'au volant, j'ai la frousse, je suis déjà à moitié dans ma boîte en sapin, parce qu'après 35 heures de leçons, j'arrive encore à oublier un clignotant dans un gros carrefour, griller un stop et passer devant une priorité à droite sans la voir... Parce que finalement, la conduite, c'est absolument pas inné en moi, et ce n'est, malgré le petit bout de papier rose qui l'atteste, vraiment pas acquis non plus !
D'abord, le code, j'étais archi-nulle. Au bout de 5 mois de leçons, j'ai quand même réussi à faire 20 fautes ! Ma moyenne, en 1 ans, ça doit être, sans exagérer, une 15zaine de fautes, si ce n'est plus. Faut dire que le code, finalement, c'est un truc de logique, et la logique et moi... on est pas trop copains. Résultat, le code, j'ai passé un an dessus, je l'ai passé deux fois et ça m'a sacrément fait suer... Je gâchais mes Mercredi et Samedi après midi à cause de ça, parce qu'au début, 26 fautes, ça fait rire, mais après ça fini par faire déprimer... Je me disais, "vivement la conduite, ça peut pas être pire"... Pauvre naïve que j'étais : à une année lumière de la réalité !
La conduite, la 1ère leçon, c'était chouette. Dès la deuxième leçon, ça m'a exaspérée au plus haut point. Et après, ça allait en empirant : chaque leçon était encore plus chiante que la précédente. Et à chaque fois, juste avant d'aller conduire, je me trouvais en plein stress : pour rien, mais c'était plus fort que moi, j'avais le permis en ligne de mire, et je constatais avec douleur que je ne faisais aucun progrès dignes d'être remarqués. Et puis, un jour, le moniteur m'a dit "tu passes le permis le 8 Janvier". "Pardon ? De quoi vous parlez ? Je passe le quoi le 8 Janvier ?!".
Alors là, ça a dégénéré. Je pensais au permis 24h/24, non stop. Le pire, ça a été les vacances de Noël : j'ai appris toutes les questions, par cœur, je les lisais au moins 3 fois par jour, je me suis bourrée le crâne avec ça : je me suis même fait toute une liste avec les bêtises à ne pas faire le jour du permis, j'y ai aussi noté les choses capitales à ne pas oublier de faire... Pour vous montrer jusqu'à quel point ça a été, j'ai noté "laisser passer les piétons quand ils sont engagés sur le passage piétons" ! C'est effrayant, n'est ce pas ? Surtout, ça va vous faire peur quand je vais vous raconter mon premier passage de permis...
Donc, ce fameux 8 janvier, j'ai cumulé : 3 erreurs sérieuses (mauvais placement sur la chaussée, mauvaise appréciation des vitesses et des distances et mauvaise observation) + 2 erreurs graves avec intervention ! Et 2 fois la même, un virage passé beaucoup trop vite, et perte de contrôle : la 1ère fois, l'examinateur a juste pris le volant pour m'empêcher d'aller dans le décor, et la 2ème fois, il a pilé pour pas que je défonce une voiture garée sur un parking. La classe quand même. Un virage en angle droit, je l'ai pris en 3ème. Enfin, un fiasco total... J'ai tellement cumulé les bourdes qu'au final ça m'a fait marrer... Et je m'y attendais tellement aussi... La réussite du premier coup aurait relevé du miracle.
Soit, je m'y suis remise avec acharnement ! Ré-apprentissage des questions plus reprises de leçons. J'appelle mon moniteur et là, c'est le drââââme !^^ Le moniteur me dis "tu repasses ton permis le 19 Février". Ah, non, ça, ça va pas être possible ! Je suis au ski en Suisse moi, le 19 ! "On s'en fout, tu viens, point barre". Bon, vu comme ça... J'ai donc annulé la moitié de mon séjour en Suisse, j'ai calculé pour reprendre un train juste après le permis pour aller droit en Suisse et rejoindre les vacanciers... En plus, je me disais "elles vont être vraiment nulles comme vacances, la 1ère semaine et demi (le 19 étant un Mardi), je vais mourir de trouille, le Mardi je vais me gaufrer et le restant des vacances, en Suisse je vais déprimer. Tout faux. La 1ère semaine, j'ai lu, lu, lu, lu et relu, j'ai dévoré Harlan Coben, Serfaty... Début 2ème semaine, y avait mon frère et mon cousin à la maison. pas eu le temps de penser au permis ! Le Mardi, re-boulettes : genre oublier le clignotant dans un grand carrefour, genre regarder trop tard une priorité à droite, genre me mettre complètement à gauche de la chaussée pour tourner... Je suis sortie de la clio, j'ai appelé mon père et j'ai fondu en larmes. Je pensais SINCEREMENT ne pas l'avoir... Je me disais "encore tout à refaire, pfff" ! Bon, journée très épique avec mes trains, mais ça c'est autre chose. Dès que je pensais au permis, dans le bus ou dans les trains, les larmes me montaient aux yeux très, trop vite. Arrivée en Suisse je dis à tout le monde que c'est mort et les jours passent... Jeudi soir, 23 heures, un message de mon frère : "[...] Tu as ton permis [...]". J'ai fondu en larmes et j'ai pleuré, pleuré, pleuré... Je n'arrivais plus à stopper ce déluge, ça sortait tout seul ! Je me suis allongée dans mon lit et j'ai écouté de la musique pendant plus d'une heure en pleurant de joie, de soulagement et surement de plein d'autres choses encore !
Bref, cet article était en fait un message subliminal,
"NE SORTEZ PLUS DE CHEZ VOUS, DANGER PUBLIQUE SUR LES ROUTES DE FRANCE !"

